La SNCF lance son plan de sobriété énergétique

Le gouvernement a demandé fin juillet à tous les opérateurs de transports de proposer pour le 6 septembre 2022 un plan de sobriété, comme dans de nombreux autres secteurs pour contribuer à la baisse de consommation d’énergie de 10 %. La SNCF est le premier consommateur industriel d’électricité en France avec 10% du total (1 à 2% de la consommation globale d’électricité).
La SNCF a intensifié depuis plusieurs mois ses actions pour diminuer sa consommation d’énergie, par exemple en mettant l’accent sur « l’écoconduite » ou « opti-conduite », une technique plus souple de conduite des trains. Cela permet de réduire jusqu’à 10 % la consommation d’énergie sans réduire la vitesse et donc sans pénaliser les voyageurs. Elle assure aujourd’hui qu’elle va intensifier cette pratique qui concerne avant tout les lignes longues distance avec peu d’arrêts mais s’applique également aux TER.

Qu’est-ce que l’éco-conduite ?
À l’aide d’un algorithme intégré à Sirius, la tablette des conducteurs, Opti-conduite tient compte de nombreux paramètres (vitesse, position du train, profil de la voie, etc.) pour calculer et indiquer en temps réel au conducteur la vitesse optimale à respecter à chaque instant, pour que le train arrive parfaitement à l’heure tout en consommant le moins d’énergie possible. Par ailleurs, la traction électrique peut être coupée quand le train peut continuer dans sa lancée, sur des pentes notamment. Par exemple, sur la ligne Paris-Lyon, un conducteur peut rouler 100 kilomètres sans consommer d’énergie en utilisant les pentes. Il s’agit en réalité de la même approche qu’un conducteur de voiture peut adopter au quotidien : éviter les freinages brusques et profiter des pentes en roue libre. La SNCF assure que cette approche permet de générer 8 à 10% d’économie d’énergie chaque année pour les TGV INOUI et OUIGO sans générer de retards. Pour l’ensemble de la flotte TGV, cela représente 2 millions d’euros d’économies par mois sur la facture énergétique. Désormais, les conducteurs de trains seront formés en plus grand nombre à cette éco-conduite.
La SNCF entend également faire des économies quand un train est à l’arrêt, à quai, c’est l’éco-stationnement. La consommation du moteur d’un train immobilisé représente un tiers de celle d’un train en mouvement. Aujourd’hui, l’évolution technique du matériel facilite les possibilités d’arrêter et de redémarrer un moteur de train par rapport aux modèles plus anciens.

Miser sur le TGV-M
Comme dans d’autres secteurs des transports « automobile, aérien », la SNCF compte aussi sur des modèles de trains plus récents pour réduire la consommation comme le TGV-M, quatrième génération du train à grande vitesse français. Outre ses propriétés de modularité, son design qui tranche avec les modèles existants et une motorisation plus efficace doivent permettre aux futurs trains d’économiser 20% d’énergie. Alstom ajoute que ces économies sont également rendues possibles par le renvoi d’énergie vers la caténaire lors du freinage. Sa mise en circulation n’est pas prévue avant 2024. La SNCF a commandé 115 exemplaires de ce TGV de nouvelle génération.

Produire sa propre électricité
La SNCF souhaite produire sa propre électricité essentiellement avec des panneaux solaires. D’ici 2030, elle compte installer plus d’un million de panneaux photovoltaïques essentiellement pour des usages annexes (éclairage...).

Remplacer le diesel par des énergies propres
Un quart des trains de la SNCF roulent encore au diesel et que 40% du réseau n’est pas électrifié, essentiellement des lignes locales et régionales. Sur ces lignes, la SNCF entend faire rouler des trains propres : le train à hydrogène, techniquement prêt mais qui ne roulera commercialement pas avant 2025-2026 et le train hybride : diesel et batteries électriques. L’utilisation des batteries permet une réduction de carburant de 20%, expliquent la SNCF et Alstom, sans réduction de la capacité du train ou de sa vitesse.